Entreprises Multinationales
Les sociétés multinationales surpassent en puissance les états nations. D'une façon générale, ces sociétés internationales sont à l'abri des contrôles démocratiques qui restreignent bien souvent les actions menées par les gouvernements nationaux. Les Nations Unies ont remarqué que plus de la moitié du commerce mondial est le fait de sociétés multinationales et que plus d'un tiers de ce même commerce provient du transfert de marchandises entre les différentes filiales des mêmes entreprises multinationales. Biens et services confondus, les deux tiers de toutes les transactions internationales dépendent des activités des sociétés multinationales.
La libéralisation accrue des capitaux permet aux entreprises de transférer la production sans tenir compte des frontières nationales, pour l'implanter là où les coûts sont peu élevés. Souvent, la production est confiée à des fournisseurs extérieurs ou sous-traitée à des unités encore plus petites. Certaines des entreprises parmi les plus grandes et les plus puissantes n'ont que très peu de salariés directs, mais peuvent assurer la quantité et la qualité de production requises en passant des accords de franchise et de sous-traitance partout dans le monde. C'est à ce niveau que se rencontrent les pires formes de pratiques en matière d'emploi. Les activités de la FITTHC consistent à:
• promouvoir la coopération entre ses affiliés confrontés aux mêmes multinationales
;• développer une stratégie de syndicalisation à tous les échelons des opérations des multinationales choisies du secteur, notamment les entreprises européennes, étasuniennes, taiwanaises et sud-coréennes, englobant les opérations dans les pays importateurs, de même que les opérations des fournisseurs, des sous-traitants et des détenteurs de licences;
• en collaboration avec ses organisations régionales, dialoguer avec les entreprises multinationales en vue de conclure des accords-cadres internationaux à propos de l'organisation des syndicats et de la négociation collective, ainsi que des droits de consultation et d'information, dans le but de chercher à créer un climat favorable à l'organisation des syndicats, quel que soit l'endroit du monde où les sociétés cibles déploient leurs activités;
• promouvoir la création de comités d'entreprises mondiaux au sein des sociétés multinationales;
• encourager les affiliés à se servir de ce genre d'accords-cadres et de codes de conduite comme d'outils permettant de syndicaliser les travailleurs et d'améliorer leurs conditions de travail;
• mener une campagne pour réduire le nombre de codes de conduite en circulation pour faire en sorte que les codes en vigueur intègrent les principales Conventions de l’OIT, soient gérés selon le modèle multipartite et soient appliqués avec la même intention que les Conventions de l’OIT. Ces codes devront inclure une procédure d’application, de surveillance interne et de vérification indépendante, en ce compris des évaluations régulières de l’impact;
• mener une campagne destinée à faire en sorte que les codes de conduite ne viennent pas se substituer à la législation du travail en vigueur et ne servent pas d'alternative à l'organisation syndicale;
• exiger des sociétés qui font réaliser leur production à l'extérieur qu'elles dévoilent la liste complète de leurs fournisseurs de par le monde;
• mener une campagne pour faire assumer aux détaillants et distributeurs la responsabilité des conditions de travail dans lesquelles leurs marchandises sont produites;
• mener une campagne pour l’introduction de changements dans la loi sur les entreprises, tant à niveau national qu’international, afin que les entreprises soient tenues de tenir compte de et de dévoiler publiquement l’impact social, environnemental et économique de leurs activités, et ce en vue de l’établissement, à terme, d’un cadre juridique contraignant à l’échelon international sur la responsabilité sociale des entreprises.



